Changement climatique et monde du travail

Rédigé le 15/04/2025
L'équipe CFE-CGC


Dans le cadre du troisième plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3) prévoyant un ensemble de 52 mesures, la CFE-CGC fait valoir ses analyses afin de prévenir les impacts sur le monde du travail.

PLAN NATIONAL D’ADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE​ : QUÉSACO ? 

Le 10 mars 2025, le gouvernement a officiellement lancé le troisième plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3), 14 ans après la première mouture de 2011. Objectif : préparer la France à une hausse des températures de 4 °C en 2100 avec un ensemble de mesures pour faire face aux impacts visibles et attendus du changement climatique sur les territoires : canicules, inondations, sécheresses, retrait-gonflement des argiles, érosion côtière, feux de forêt, perte de biodiversité, etc. Il s’agit ainsi de transformer les modes de vie, l’économie, les infrastructures et les décisions politiques en intégrant le climat dans l’ensemble de la planification écologique.

QUELLES SONT LES MESURES ENVISAGÉES ?

Le PNACC-3 comporte 52 mesures dédiées aux particuliers, aux collectivités, aux acteurs économiques et au monde du vivant sous la forme d’une planification progressive (2030, 2050 et 2100). Parmi les principales, on peut citer la prévention des territoires avec des enjeux spécifiques (littoraux, montagne, forêts, agriculture), la protection des populations, la modernisation du système assurantiel contre les risques naturels, l’adaptation des conditions de travail et des logements, les dispositifs d’aide aux entreprises, la résilience des transports, des mobilités et du système énergétique, le renforcement du Plan eau…

La mise en Ĺ“uvre du PNACC-3 sera financĂ©e par diverses sources dont le Fonds Barnier, le Fonds vert et les Agences de l’eau. Â« Nous serons très vigilants sur la pĂ©rennitĂ© des financements dans une dĂ©marche de concertation de toutes les parties prenantes dont les organisations syndicales », assure Madeleine Gilbert, secrĂ©taire nationale CFE-CGC en charge du secteur transition juste et durable. 

QUEL RĂ”LE POUR LES ORGANISATIONS SYNDICALES ? 

Pour la mise en Ĺ“uvre de ce PNACC-3, les ministères concernĂ©s (celui de la Transition Ă©cologique et celui de l’AmĂ©nagement du territoire) indiquent que « cet effort d’adaptation suppose la mobilisation de tous : entreprises, collectivitĂ©s, sociĂ©tĂ© civile ». Les organisations syndicales dont la CFE-CGC ont Ă©tĂ© associĂ©es Ă  l’élaboration du plan dont les mesures ont Ă©tĂ© discutĂ©es au sein de quatre groupes de travail : territoires, biodiversitĂ©, Ă©conomie, normes techniques. 

« Ce plan a le mĂ©rite d’exister avec une vĂ©ritable consultation, tĂ©moigne Madeleine Gilbert. Si nous saluons la dĂ©marche de la ministre Agnès Pannier-Runacher, il reste dĂ©sormais Ă  aborder en profondeur toutes ces problĂ©matiques en ayant bien conscience des enjeux. La CFE-CGC en appelle notamment Ă  un plan ambitieux pour la santĂ© au travail face aux impacts climatiques et Ă  un renforcement des formations des salariĂ©s pour s’y adapter en veillant aux emplois et Ă  la transition des mĂ©tiers. »

Avec la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et la StratĂ©gie nationale bas-carbone (SNBC), le PNACC est un des trois documents de planification constitutifs de la StratĂ©gie française pour l’énergie et le climat (SFEC) visant Ă  atteindre la neutralitĂ© carbone Ă  l’horizon 2050. Dans toutes ces instances, les partenaires sociaux sont parties prenantes des travaux. Idem au sein du Conseil national de la transition Ă©cologique (CNTE) qui, dans un avis votĂ© par la CFE-CGC, a saluĂ© le lancement du PNACC-3. 

ÉVALUER ET PRÉVENIR LES IMPACTS DU CHANGEMENT CLIMATIQUE SUR LE TRAVAIL  

La mesure n°11 du PNACC-3 vise Ă  adapter les conditions de travail au changement climatique en renforçant les obligations de prĂ©vention des employeurs. Un dĂ©fi majeur, explique Madeleine Gilbert : « Le rĂ©chauffement climatique, donnĂ©e non contrĂ´lable, est responsable d’insolations, de malaises, d’infections, etc. L’Institut national de recherche et de sĂ©curitĂ© (INRS) a par exemple montrĂ© que la mauvaise prise en charge des malaises pendant le temps de travail constituait un surrisque au travail. Le changement climatique doit donc, en lien avec la santĂ© au travail, rester un risque du travail, Ă  Ă©valuer et Ă  prĂ©venir comme tel par l’employeur, par exemple dans le cadre du Document unique d'Ă©valuation des risques professionnels (DUERP). Â» 

LA CFE-CGC ENGAGÉE POUR CONCILIER TRANSITION JUSTE ET DIALOGUE SOCIAL 

Plus largement, Madeleine Gilbert rappelle le profond engagement de la CFE-CGC pour concilier transition juste et dialogue social : « Le secteur confĂ©dĂ©ral englobe toutes les activitĂ©s, initiatives et politiques visant Ă  promouvoir un dĂ©veloppement Ă©conomique, social et environnemental orientĂ© vers un avenir durable. Â» 

Dans les entreprises, la CFE-CGC milite notamment plus que jamais pour l’instauration de commissions environnement dans les comitĂ©s sociaux et Ă©conomiques (CSE). 

Mathieu Bahuet